Lymphogranulomatose vénérien (LGV)

Qu'est-ce que c'est ?

Le lymphogranulomatose vénérien est une infection transmissible sexuellement qui est très contagieuse. Elle est provoquée par une bactérie.

Cette infection est d’origine tropicale, endémique dans certaines régions d'Afrique, en Amérique centrale et du Sud, et dans les Caraïbes. En 2003, le LGV a fait son apparition dans les communautés gaies des pays développés. (Premier cas à Montréal en janvier 2004.)

Comment cela se transmet-il ?

  • Le LGV se transmet par les relations sexuelles anales, orales et vaginales avec une personne infectée;
  • Enculage au poing (Fist-fucking);
  • Accessoires (dildo, butt-plug, embout de douche anale, etc.) mal nettoyés et/ou mal désinfectés. Dans tous les cas, évite de partager les accessoires;
  • Rapports sexuels avec plusieurs partenaires sans changer de condom ou de gant pour chaque partenaire.

Quels en sont les symptômes ?

Le lymphogranulome vénérien (LGV) est une infection bactérienne qui provoque des plaies sur le pénis, le vagin et la vulve, et parfois dans le col de l’utérus et l’anus. Ces plaies peuvent servir de point d’entrée à d’autres infections transmissibles sexuellement (ITS) comme le VIH, les hépatites et d’autres infections à transmission sanguine.

LGV primaire ou stade I

De 3 à 30 jours après avoir été infecté, apparaît une petite blessure insensible (ulcération, vésicules) où les bactéries sont entrées (bouche, urètre, gland). Parfois cela passe inaperçu, sauf pour l’urètre. Le LGV provoque alors une sensation de brûlure en urinant. L’infection se résout spontanément et peut passer inaperçue.

LGV secondaire ou stade II

De 2 à 6 semaines, tu peux avoir une infection des ganglions (souvent à l’aine) provoquant douleur et fièvre. Des abcès et des écoulements de pus des fistules sont possibles pour moins d’un patient sur trois. Des maux de tête sont aussi possibles.

Le LGV cause des inflammations, ces inflammations s’accompagnent à l’occasion d’une période de malaise général (fièvre, frissons, fatigue, perte d’appétit, douleurs dans les muscles et les articulations).

LGV tertiaire ou stade III

Le LGV non traité est une infection grave pouvant causer des sérieux problèmes de santé. Au niveau anal, des excroissances ressemblant à des hémorroïdes peuvent apparaître, ainsi qu’une infection des organes génitaux, une intervention chirurgicale peut être nécessaire en urgence pour évacuer les abcès. Le troisième stade, chez les femmes, est la cicatrisation et des dommages permanents à la région génitale.

Quelles sont les complications possibles ?

  • Des rétrécissements ou des perforations du rectum ou du côlon;
  • Un gonflement important des organes génitaux, avec difformité;
  • Une inflammation de l’urètre pour l’homme ou chez la femme, une inflammation du col de l’utérus (avec pertes vaginales);
  • Plus rarement, la LGV va causer l’inflammation du foie ou d’une articulation;
  • Une hépatite ou même un décès.

Autres complications plus rares possibles.

Comment le dépistage se fait-il ?

Le diagnostic n’est pas toujours évident à établir et s’appuie souvent sur l’histoire rapportée par le patient. Il n’existe pas de test de dépistage spécifique pour le LGV.

Le professionnel de la santé peut faire au besoin une analyse d’urine ou/et faire un prélèvement local s’il y a un écoulement (col de l’utérus ou du méat urinaire du pénis, possiblement l’anus et la gorge). Si nécessaire, possibilité d’une prise de sang.

Quel est le traitement ?

Le LGV se traite facilement lorsqu’elle est dépistée précocement.

Le professionnel de la santé vous prescrira un traitement. À prendre pendant trois semaines. Vos partenaires sexuels des 60 derniers jours devraient être informés de la situation et traités.

Au troisième stade, une intervention chirurgicale peut être indispensable, suivie de 4 à 6 semaines d’antibiotique. Des interventions chirurgicales réparatrices peuvent être nécessaires par la suite.

Comment faire de la prévention ?

  • Utilisation de condoms ou d’autres méthodes barrières lors de relations sexuelles vaginales, anales et oro-génitales.
  • Réduire au minimum ou éviter les activités sexuelles susceptibles de causer des lésions des muqueuses (p. ex. le « fisting ») qui pourraient favoriser la transmission. Éviter de partager des jouets sexuels et les nettoyer avant de les utiliser.
  • Changer de condom ou de gant pour chaque partenaire.

Quels sont les risques pour les personnes séropositives ?

Chez certaines personnes vivant avec le VIH (virus du sida), la durée de l’infection à le LGV risque d’être plus longue.

Les lésions causées par la LGV peuvent servir de portes d’entrée et de sortie qui permettent :

  • d’attraper le VIH lors de rapports sexuels non protégés ou d’autres ITS ;
  • et, si elles sont aussi infectées par le VIH, de transmettre le virus du sida lors de rapports sexuels non protégés.

Notes supplémentaires

Au Québec*, le LGV est devenue depuis peu de temps une maladie à déclaration obligatoire. Cela signifie que le médecin qui diagnostique une LGV doit en informer la direction de la santé publique de sa région.

Un intervenant de la santé publique offre un soutien pour identifier et informer des partenaires sexuels jusqu'à 6 semaines avant l'apparition des premiers symptômes et plus si le porteur est asymptomatique.

* À l’extérieur du Québec, des lois sur la santé publique prévoient des mesures similaires.

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